Shingetsutan Tsukihime (2003)

Cet Article à été rédigé par Tama du forum Grospixels

 

 

Auteur : Nasu Kinoko, Takeuchi Takashi, Type Moon

 

 

« There's no Tsukihime anime. »

 

Voilà la phrase qu'on lit parfois en arpentant quelques divers forums et articles parlant de l'adaptation en anime du visual novel de chez Type-Moon. Tout en prenant en considération la tendance abusive à l'éxagération propre aux otakus, ainsi que de leur difficulté à argumenter de manière censée dès qu'on les questionne sur le pourquoi de leur mécontentement, essayons de revenir sur l'anime en lui-même, pour voir si il mérite autant de mépris.


D'abord, un bref résumé de l'histoire. Shiki Tôno a, depuis un accident grâve à l'âge de 8 ans, la capacité de voir les « lignes de la mort », la matérialisation de la durée de vie de toute matière. Il lui suffit de couper avec un simple couteau en suivant les lignes pour découper n'importe quoi, comme les tables et son lit d'hôpital par exemple, mais aussi les êtres humains. Si ce pouvoir ne s'accompagnait pas de maux de têtes et de brefs accès de folie, tout irait pour le mieux...Cependant, il croise le route d'une sorcière qui lui confie des lunettes lui empêchant de voir ces lignes, et de vivre une vie normale.

Shiki a aujourd'hui 16 ans, et il doit quitter sa famille d'adoption, les Arima, pour retourner à la maison familiale : en effet, son père, Makihisa Tôno, est décédé, et sa soeur Akiha veut le revoir. Partagé entre la joie de revoir sa petite soeur et le souvenir amère de son éviction officielle de la famille pour des raisons qu'il n'a jamais bien comprises (il sait juste que « sa santé fragile ne lui permet pas d'être l'héritier légitime des Tôno »...,) Shiki fait donc ses bagages. Mais peu après son retour, il aperçoit une belle jeune femme dans la rue, et ses accès de folie le reprennent d'un seul coup, plus forts que jamais, lui imposant de la tuer sauvagement...ce qu'il fera, la découpant par surprise en 17 morceaux. Il s'évanouit, et n'est même pas certain le lendemain que ce n'était pas un rêve.

Il a d'ailleurs la confirmation de la dure réalité de la veille quand la jeune femme qu'il a assassiné, toute souriante et surtout bel et bien vivante, lui rend visite à l'entrée du lycée ! Après un bref rafraichissement de mémoire, Arcueid Brunestud, puisque c'est son nom (très pénible à prononcer...), lui révèle qu'elle est une vampire, mais que sa résurrection l'a tout de même très affaiblie, et qu'elle n'est pas en état de combattre l'autre vampire de la ville qui cumule les meurtres en ce moment. Elle oblige donc Shiki à l'aider : il l'a tuée, il lui doit donc bien ça !


Shingetsutan Tsukihime est une série en 12 épisodes au rythme assez particulier. Le peu d'épisodes pourrait faire croire à un anime rapide et concis, mais c'est tout le contraire. Assez lent, voire lancinant, l'histoire se révèle par petits, tous petits morceaux, et le rapport entre les personnages et l'intrigue principale n'est pas forcément évident au premier abord. J'ai eu l'impression que l'anime essaie de jouer sur le suspense et la frustration pour pousser à passer à l'épisode suivant, et c'est d'ailleurs ce qu'on fait et surtour ce qu'il faut faire, car il faut arriver à saisir les tenants et les aboutissants du scénario, et lâcher Tsukihime en plein milieu et y revenir plus tard est synonyme de mort, il faut recommencer depuis le début.

Autre chose étrange : bien que ce soit un anime de vampires, les scènes d'action et les passages sanglants sont somme toute assez rares, le déroulement mettant bien plus l'accent sur le côté mystérieux et sinistre de l'ambiance, ce qui fait que pour ceux qui s'attendaient à de grosses bastons avec de l'hémoglobine en quantité telle qu'on pourrait repeindre un appartement entier (des amateurs de Mortal Kombat peut-être ?), ça risque d'être un peu la douche froide. Après tout, il y a mille et une manières de parler des suceurs de sang, et Bram Stoker ne dépeignait pas des affrontements homériques entre Dracula et Jonathan Harker, que je sache...


Visuellement, c'est agréable à regarder, bien qu'après avoir fait le visual novel, ça choque quelque peu, bien qu'on se retrouve en terrain connu pour ce qui est du chara-design, avec Takashi Takeuchi (Street Fighter Zero) et Kaoru Ozawa (Digimon). Rien à redire au niveau technique, mais à titre tout à fait personnel, je trouve les visages trop anguleux, trop « verticaux »...L'anime alterne entre les scènes sombres et les passages mélancoliques, ce qui lui donne un cachet assez particulier, très sympathique à l'oeil. Soyez simplement prévenu qu'il n'y a aucun moe et que le tout ne respire pas la joie de vivre, loin de là. On est dans du tragique glauque, et ça se voit...

...et ça s'entend également. Le traitement musical est largement à la hauteur, la compositrice Toshiyuki Omori a fait ici un excellent boulot en traduisant en musique de manière très convaincante les changements de rythme de l'anime, notamment en utilisant beaucoup de mélodies lancinantes, quelques choeurs pour faire ressortir l'aspect cérémonie religieuse. Je préfère les travaux de Yuki Kajiura dans ce même domaine, mais je ne crache pas sur le travail d'Omori, loin de là !


Alors, quel est le problème ? Shingetsutan Tsukihime, en soi, tient tout à fait la route. Les personnages sont attachants, l'histoire complexe bien que brouillonne, visuellement et musicalement réussi...En fait, l'anime souffre surtout d'être une adaptation, et une adaptation très minimaliste du visual novel. A peu près la moitié du cast est présent dans l'anime, la plupart des personnages sont finalement sous-exploités, voire ne font que de la décoration, et de gros, de très gros, d'énormes pans de l'histoire sont passés sous silence, ce qui est à mon sens le plus gros manquement de l'anime. Du coup, il en devient inutiement confus et manque au final de profondeur au regard du jeu d'origine qui, avec ses 9 fins différentes, m'avait retourné le cerveau dans tous les sens, d'autant plus que l'anime ne suit qu'une « route » en particulier, la plus basique mais pas forcément la plus intéressante...

 

 

 


En fait, les nombreux trolls dont a été victime Shingetsutan Tsukihime viennent surtout de fans du visual novel très obtus, refusant totalement toute variation de leur oeuvre chérie. L'anime vaut largement le coup d'oeil, et il faut peut-être même le regarder avant de faire le jeu, pour ne pas se gâcher inutilement le visionnage d'une série qui mérite le détour.

 

 

Où le trouver

 

L'anime n'est pas sortie sur le territoire Francophone, il faudra donc se tourner vers l'import pour en profiter.



18/06/2010
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