Saint Seiya : La saga

Il y a quelques mois sortait en France le dernier avatar vidéoludique d’une série encore populaire aujourd’hui, Saint Seiya plus connue chez nous sous le titre Les Chevaliers Du Zodiaque, l’occasion de revenir plus ou moins en profondeur sur les différents épisodes sortis autour de cette série culte.

 

 



Saint Seiya/ Les Chevaliers Du Zodiaque : La Saga.




Naissance d’un mythe.

Saint Seiya est à la base un manga de Masami Kurumada publié en janvier 1986 dans le Weekly Shonen Jump. Si en France le monsieur n’est connu que pour cette œuvre, il faut savoir qu’il avait déjà connu le succès avec entre autres les mangas Ring ni Kakero et Fuma no Kojiro.

Avec Saint Seiya, il se lance dans un concept pour le moins original : des jeunes garçons vêtus d’armures fondées sur les constellations et s’affrontant pour une armure d’or au nom de la déesse Athéna.
Kurumada avouera qu’il ne savait pas trop où il allait au tout début du manga, mais très vite il comprend le potentiel et se met à faire des recherches et à peaufiner diverses idées afin de développer l’univers. Ainsi dès la fin de l’arc des chevaliers noirs, Kurumada a déjà en tête les bases de son manga.

 




 
La couverture du premier volume du manga, ainsi que l'édition française.



Jouant à la fois sur une certaine originalité et des éléments populaires comme les Sentaï (très vite Seiya se retrouvera en équipe), le manga de Kurumada connaît un certain succès, ce qui amènera une adaptation animée.

Et là mes amis on ne plaisante plus. Personnellement, si vous me donniez le choix entre la série animée Saint Seiya et celle de DBZ, je choisirais sans hésiter la première. Pourquoi ? Parce que la série animée dépasse le stade de la bête adaptation, elle sublime pour ainsi dire l’œuvre originale.
Déjà la série animée possède un avantage non négligeable : Shingo Araki. Si vous vous prétendez fan de séries japonaises et que vous ne connaissez pas Shingo Araki, alors vous avez toute une page de votre culture à réviser. Pour faire simple le monsieur a déjà œuvré sur les séries Goldorak, Candy, Albator, Ulysse 31, Lady Oscar et bien d’autres. Bref le monsieur n’avait pas attendu Saint Seiya pour faire ses preuves contrairement à ce que dit le wikipédia français. Outre le fait d’avoir un design stylisé et agréable, Araki avait le don pour adapter les héros de manga à son style sans trahir l’œuvre originale. En dehors du travail de chara-designer, Araki est aussi directeur de l’animation et à ce poste aussi c’est loin d’être un manche, et il en fait profiter la série qui est loin d’avoir vieilli à ce niveau. (Note de Seb : c’est discutable, certains épisodes sous-traités chez différents studios n’ont pas été supervisés par Araki et ça se voit, hélas ...)


 
à droite Masami Kurumada
à gauche Le regretté Shingo Araki.

Mais bon, il serait bête de réduire la qualité de la série à la présence de Shingo Araki. Ainsi il serait honteux de mettre de côté le compositeur Seiji Yokoyama qui offre des musiques oniriques et épiques et toujours dans le ton de la situation (au passage n’hésitez pas a vous procurer les OST sorties officiellement en France si vous les trouvez). Les décors et la mise en scène sont loin d’être en reste, le rythme est aussi très bon, les affrontements et événements s’enchaînent sans s’éterniser plus que de raison. Le mieux dans tout ça, c’est que ces qualités techniques ne cesseront d’augmenter au fil de la série (Yokoyama aura même droit à un petit orchestre).

 



 
Il serait dommage de parler de la musique sans évoquer les très bons génériques de début et de fin de la série (je parle des version original bien sur).

 



Bref Saint Seiya est un ensemble d’éléments qui font que, non seulement la série se montre d’une grande qualité, mais en plus elle n’a pas pris une ride. Certes il y a des défauts, notamment dans la partie pré-sanctuaire avec des « fillers » (note : un filler est une histoire totalement inédite à l’œuvre originale) pas très inspirés graphiquement et scénaristiquement comme les chevaliers des abysses, voire maladroits (on nous spoile carrément l’identité du grand pope avant l’arrivé au sanctuaire dans l’épisode 41). Mais ils se font vite oublier au fil des visionnages et les qualités suscitées montrent que cette série n’as pas volé son statut de série culte.

 


 
À gauche le très bel épisode 30 qui lança la carrière de Shigeyasu Yamauchi (note de Seb : réalisateur qu’on retrouve au générique de nombreuses séries cultes dont le récent Casshern Sin). À droite les très dispensables (euphémisme) chevaliers d'acier.



Une série culte.

 


Donc vous l’aurez deviné ou vous le savez déjà, la série animée Saint Seiya devient vite un succès, la série devient tellement populaire qu’elle finit même par influencer le manga (Kurumada reprendra plusieurs éléments et intrigues de la série et des films).

Et qui dit succès dit produits dérivés, notamment une série de figurines diablement bien pensée avec leurs armures détachables et leurs porte-armures. Bien que coûteuses, ces armures se vendent comme des petits pains et Bandai ne se gênera pas pour en profiter, voire en abuser. Vous trouviez les chevaliers d’acier inutiles ? Normal, ils ont été créés juste pour vendre de nouveaux jouets (ne jamais sous-estimer le lobby des fabricants de jouets). Il ne faut pas oublier non plus les inévitables films cinéma et bandes originales.



Il y a même eu une comédie musicale.



Mais la série ne connaîtra pas le succès qu’au Japon, elle fut très rapidement appréciée dans les pays occidentaux (les pays latins pour être plus précis) où elle fut diffusée. Ça commença en France où la série sortie sous le titre de ‘’Les Chevaliers du Zodiaque’’ (titre loin d’être idiot au passage), rencontrera un succès énorme, à tel point que les figurines et films sortiront de façon régulière avec succès (le film, "Les Guerriers d’Abel" aura même le droit a une diffusion en première partie de soirée sur une grande chaîne à l’époque) Ce sera d’ailleurs le seul pays occidental où le jeu Nes sortira. En revanche, chose amusante, le manga ne sortira que longtemps après la fin de la série (et connaîtra aussi un joli succès). Encore aujourd’hui, la France est l’un des pays ou la série est le plus populaire.

Si j’insiste un peu sur le succès en France, ce n’est pas par chauvinisme, mais c’est que ce succès influencera beaucoup la diffusion dans les autres pays occidentaux. D’ailleurs le titre et le générique français seront repris et traduits, tout comme les boîtiers des jouets.






Les figurines qui ont ruiné bon nombre de parent. A droite un jouet brésilien. Saint Seiya se vend partout.

 



Juste vite fait, on va faire un bond dans le temps de quelques années pour dire que bien que diffusée tardivement en 1993, la série rencontrera un succès monumental dans les pays d’Amérique Latine/centrale notamment au Mexique. Pour vous faire une idée, tous les films y sont sortis au cinéma (Abel y restera même 5 mois à l’affiche).

Ce succès à l'étranger n’est guère étonnant, outre les qualités citées plus haut, Saint Seiya est une série qui puise son inspiration dans les mythes européens. Du coup, bien que d’origine japonaise, elle parle énormément aux spectateurs occidentaux qui la suivaient.

 




Le film Abel et la série Asgard. L'apogée de Saint Seiya.

 



La fin d’une légende…


Bref la série est un succès, il faudrait être de mauvaise foi pour le nier. Mais à la différence d’un Dragon Ball dont le succès ne s’est jamais démenti au fil des années, celui de Saint Seiya baissera de façon drastique un an et demi après ses débuts et au final verra sa diffusion arrêtée. En effet la série est en perte de popularité au Japon. Plusieurs facteurs jouent dans la perte de l’intérêt du publique.
Déjà, Saint Seiya fait face à une nouvelle concurrence qui se fonde sur le même principe de jeune héros revêtant des armures en lien avec la mythologie, des séries comme Shurato ou Les Samourai de l’Eternel faites dans le but à peine caché de grappiller le succès de Saint Seiya.
Mais au final, bien que n’étant pas sans conséquences, ces séries sont loin d’être les plus responsables de la chute de popularité. Cette dernière vient directement du manga et de la série.




Les samouraïs de l'éternel et Shurato, ou quand la concurrence flirte avec le plagiat (surtout avec Shurato)

 



En manga, on entre dans la série de Chapitre Poséidon, et un souci saute aux yeux : il ne s’agit ni plus ni moins qu’un remake du Sanctuaire à peine déguisé, Ikki qui sauve son frère, Shiryu qui re-perd la vue et dont le bouclier est détruit, Hyoga qui affronte un proche, un temps limite pour sauver Athéna... On touche là un problème du manga (et par conséquent de la série) la difficulté de l’auteur à renouveler les situations qui donne lieu, encore aujourd’hui, à diverses moqueries loin d’être injustifiées et qui finiront par lasser les lecteurs.

 




Poséidon et ses marinas ou le remake mollasson du sanctuaire.



En anime, la raison est différente, la série avait rattrapé le manga et afin de laisser du temps à l’auteur de poursuivre son œuvre, il fut décidé de créer toute une histoire inédite au manga et fondée sur le succès du second film. Cette partie inédite ce sera Asgard.


Autant être clair, bien que reprenant certains poncifs de la série, Asgard se montre être un chapitre de très grande qualité, que ce soit techniquement (on a ici un best of de ce qui s’est fait avant) ou scénaristiquement avec notamment ses adversaires charismatiques et touchants. Asgard dépasse toutes les attentes que l’on pouvait attendre d’une simple histoire rajoutée pour gagner du temps. Elle est encore aujourd’hui considérée par beaucoup comme la meilleure partie de la série et l’un des meilleurs "filer" toutes séries confondues.
Pourtant, le public japonais boudera cette saison pour des raisons qu’il me sera difficile de définir n’ayant vécu au Japon lors de sa diffusion. Peut-être était-elle trop dramatique pour l’époque et par rapport au matériau de base. Toujours est-il que l’audimat chutera énormément et qu’il ne remontera que très légèrement sur Poséidon, pas assez pour continuer la série au-delà de ce chapitre. La série animée n’abordera pas le dernier chapitre du mangas malgré la volonté des auteurs. Au final, seul un CD alternant musiques et dialogues et un piètre film (Lucifer) sortiront pour conclure l’aventure animée.




Malgré ses qualités, le public japonais boudera Asgard.



Si la série s’arrête sur Poséidon, le manga continue et offre une nouvelle aventure avec Hadès, mais qui n’entraînera pas de regain d’intérêt du public pour la saga. Le dernier volume de Hadès sortira directement relié, sans prépublication. Saint Seiya est officiellement terminé en décembre 1990, Kurumada passera à autre chose et n’abordera plus Saint Seiya.



…Mais qui renaît tel le phénix !

Voilà 12 ans que Saint Seiya s’est terminé. De l’eau a coulé sous les ponts et de nombreuses séries ont connu le succès. Pourtant, sans que l’on s’y attende vraiment, la saga va bénéficier d’un renouveau. La raison est simple, Saint Seiya garde encore une aura auprès de nombreux fan, et ça Kurumada l’a compris et du coup à décidé d’ouvrir les vannes, autorisant la sortie de plusieurs projets qu’il ‘‘supervisera’’ (notez les guillemets car sa participation et son implication dans les différentes œuvres est sujette à polémique).
Le 19 décembre 2002 sort donc le manga Saint Seiya : Épisode G dessiné par Megumu Okada, préquelle racontant l’histoire du chevalier du lion. Mais c’est surtout du côté de l’animation que l’événement le plus important de la franchise à lieu.




Bien que moyen, Saint Seiya épisode G annonce la renaissance de la franchise.

 



En effet Toei décide de réaliser sous forme d’OAV (note : Une OAV est un dessin animé destiné au marché vidéo) la dernière partie du manga, à savoir Hadès. Histoire de rassurer les fans et de s’assurer une bonne réalisation dans l’esprit de la série originale, Toei rappelle le plus de monde ayant travaillé sur cette dernière, les doubleurs d’origine (du moins ceux qui sont encore vivants), le réalisateur Yamauchi, Shingo Araki et les scénaristes… Parmi les grands noms ayant fait le succès de la série originale, seul Seiji Yokoyama est absent. Bref on part sur de bonnes bases.

C’est ainsi que le 25 Janvier 2003 est distribué et lancé de façon régulière ce qui constitue la première partie de la saga Hadès : Le sanctuaire. Le résultat dépasse toute espérance, on retrouve parfaitement l’esprit de la saga au fil de ces 13 épisodes, couplé avec une réalisation réussie. Bref Hadès : le sanctuaire est une réussite, il connaîtra d’ailleurs un joli succès relançant par la même occasion la franchise. En effet, plusieurs mangas, séries et même un film autour de la licence sortiront au court des années qui suivront.
(Note de Seb : je pense que l’immense succès, principalement au Japon, des figurines « Myth Clothes » a grandement contribué au retour en force de la licence Saint Seiya)

 




Saint Seiya Hades : Le sanctuaire, une réussite.


Cependant, bien que je m’en réjouisse, cette renaissance connaît des hauts et des bas. Pour faire simple tout n’est pas rose. Prenons par exemple le cas du film Tenkai-Hen Joso, dernier long métrage en date. Un véritable "Development Hell" comme on dit dans le milieu du cinéma. Durée de production restreinte, scénaristes qui partent les uns après les autres, Kurumada qui ne donne aucune direction (alors qu’il est l’un des superviseurs), promotion et sortie mal calibrées, le film sera un échec commercial, divisera les fans et provoquera la colère de Kurumada qui demandera réparation.
Résultat, toute l’équipe du film est renvoyée (et quand je dis toute l’équipe, c’est TOUTE l’équipe, même Araki et les doubleurs y passent) afin de calmer l’auteur original et ainsi s’assurer la continuité d’exploitation des droits de Hadès. Le souci, c’est que toute l’équipe du film travaillait sur Hadès, du coup d’autres personnes sont rappelées pour terminer les chapitres Inferno et Elysion et le résultat est pour ainsi dire désastreux, surtout comparé au chapitre précédent.



 



Le controversé cinquième film Tenkai-Hen Joso.

 



Bref, il convient de faire la part des choses dans la relance de la franchise. Si par exemple le manga Lost Canvas se montre très bon et vraiment dans l’esprit de l’œuvre originale, Next Dimension lui est un ratage total qui prête plus à rire qu’autre chose, le pire étant que ce dernier est l’œuvre directe de Kurumada.

Toujours est-il que cette renaissance du titre permet la sortie de nouveaux produits dérivés et montre la popularité de la saga.
On notera par ailleurs une tentative de diffusion de la série originale aux USA, mais dans une version tellement remaniée, censurée et réécrite que c'en devient ridicule.



 


 
Le très sympathique Lost Canvas et le honteux Next Dimension.

 



Saint Seiya reste encore aujourd’hui une série très populaire dans les pays ou elle fut diffusée à l’époque, il suffit de voir les ventes des différents produits en France pour s’en convaincre. La saga est loin d’être morte. D’ailleurs, au moment où j’écris ces lignes, une nouvelle série, Saint Seiya Omega, et en cours de diffusion au Japon et un nouveau film en images de synthèse est en préparation.

 




Saint Seiya Omega qui est en cours de diffusion au moment où j’écris ces lignes.

 



Mais bon, on est sur Grospixels et on est là pour parler jeu vidéo, alors lançons-nous sans plus attendre dans la joie et la bonne humeur et les jeux Saint Seiya.


(Toute les images de l'anime et des films sont faites maison. les autres images proviennent de Saint Seiya pédia, wikipedia et de Hobbyforever.fr)

 

 

 

 

SUITE ---->



17/01/2013
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